Le mois de juillet dernier, le capitaine du navire de commerce américain Manukai a reporté de multiples incohérences dans les données de navigation provenant de son Système  Identification Automatique (ou AISautomatic identification system) dans le port de Shanghai. Ce système permet des échanges automatisés de messages entre navires par radio VHF. Il permet de connaître l’identité, le statut, la position et la route des navires se situant dans la zone de navigation. 

L’organisation à but non lucratif C4ADS de Washington, spécialisée dans l’analyse des conflits mondiaux a été chargée de mener une enquête sur cet événement. À partir d’une banque de données contenant des signaux GPS AIS du monde entier, C4ADS a constaté que la falsification des données avait en fait commencé l’été précédent. Ces altérations ont augmenté au fil des mois avec un pic enregistré le jour où le capitaine du Manukai a fait part de difficultés, et alors que les données de près de 300 navires avaient été usurpées.  

Bien que ce type d’attaque existe dans d’autres parties du globe, les techniques de falsification de données utilisées dans le port Shanghai semblent être différentes des attaques déjà observées contre ces systèmes. Il semblerait que tous les dispositifs utilisant des technologies GPS proches de la zone du port de Shanghai aient été perturbés par cette attaque. 

Les commanditaires de ces attaques n’ont pas été identifiés. Cependant, certaines pistes se tournent vers des trafiquants de sable. Ce sable est dragué de manière illégale dans les fonds du Yangtsé puis transite dans le port de Shanghai avant d’être utilisé dans le secteur de la construction. Depuis des années, ces trafiquants sont connus pour avoir compromis des systèmes GPS AIS dans le but de se déplacer furtivement dans le port de Shanghai. L’implication de l’État chinois menant une attaque à but expérimentale n’est pas exclue. 

Source : https://www.technologyreview.com/s/614689/ghost-ships-crop-circles-and-soft-gold-a-gps-mystery-in-shanghai/amp/